« Lenz, quelle épouvante »

Celui qui me hante, c’est Büchner. Büchner qui manie le scalpel le jour et les livres la nuit, Büchner qui travaille sur les nerfs, qui buche sur la folie, Lenz, quelle épouvante. Lenz est la forêt, la montagne, la jeune fille malade, l’eau froide de la fontaine, la douceur d’Oberlin, le hérissement du chat, la nuit qui chante pour conjurer l’angoisse. Lenz est l’œil hagard, exorbité, grand ouvert, l’œil par lequel entre le monde, un œil de neige, renversé quelque part où il n’y a que des visions. Lenz est la phrase de Büchner et la phrase de Büchner me hante. Elle rend quiconque sublime et misérable. Je la repousse à deux mains et je l’attire contre mon sein. Elle ne me laisse pas tranquille. L’orage vient. Les nuages solaires et troués, les pointes vertigineuses des sapins, les renversements du ciel à flancs de montagne, l’air saturé d’eau et d’éblouissements, le vide sous mes pieds et l’épouvantable sentiment d’exister qui efface tout hormis les ombres.

Lenz est voluptueusement angoisse et désir…

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2026
© 2026 - Muriel Pic