Formarchives

FORMARCHIVES, f. p.

Mises en forme des archives par la littérature, les arts, la scénographie. 

FORMARCHIVES propose ses services aux particuliers et aux institutions privées et publiques. La structure bénéficie de quinze années d’expérience dans des archives du monde entier appartenant à des collectivités ou des particuliers, relevant de domaines multiples (littérature, arts plastiques, film, sport, médecine, publicité, etc.).

FORMARCHIVES mobilise des chercheur.e.s indépendant.e.s de toutes les cultures et de toutes les langues, spécialisé.e.s sur les usages poétiques et esthétiques du document, mais toujours d’un point de vue critique.  

FORMARCHIVES propose de valoriser vos archives par des expositions, des publications, des ateliers d’écriture, des workshops, des projets de recherche et de recherche par la création.

contact : formarchives@gmail.com

Lafleurestsanseauetsanspourquoi@murielpic


Formarchives (quelques principes sous réserve du perpetuum mobile)

Copyrights : Muriel Pic

Je travaille comme historienne et théoricienne, comme écrivaine aussi avec les archives. Ce sont deux exercices différents, l’un d’objectivité et d’analyse, l’autre de subjectivité et d’imagination. Cependant, comme chercheuse et comme écrivaine, j’aborde l’archive à la fois par la raison et le sensible, une part plus importante de l’une jouant dans la démarche historique et de l’autre dans la démarche fictionnelle. Si, comme historienne, les résultats doivent toujours donner à penser, l’archive reste un objet sensible ; et si comme écrivaine, les fictions ou récits ou poèmes doivent toujours être exacts, l’archive reste le lieu d’une exactitude.

Quand j’écris littérairement avec un document, je me questionne sur les images, les idées et les sensations qu’il fait lever : il m’ouvre la voie d’une recherche poétique qui, contrairement à la recherche scientifique, n’est pas réitérable. Ce n’est pas mon intelligence scolaire qui est en éveil mais mon intelligence d’orientation. Je cherche à mettre en rythme les fantasmes et les fantômes qu’il fait naître avec la boussole du langage.

Je ne cherche pas à produire des récits fondateurs ou des mythes, au contraire, j’essaie de saisir l’éclat de vérité qui est le propre de l’archive et d’en proposer un montage, c’est-dire faire des choix d’orientation des fragments. Dans ce montage, le lecteur.rice ou le spectateur.rice doit agir, produire des liens, se poser des questions, s’impliquer, s’orienter aussi. Les archives sont là pour nous remettre en question, interroger notre présent, notre futur, nous désorienter, nous inquiéter, pas pour asseoir des généalogies, renforcer des identités. Elles sont là pour produire une conscience critique.

Avec l’archive, tout est affaire de montage.

Écrire un poème à partir d’une archive ordinaire ou extraordinaire, en rapport avec un évènement majeur ou mineur de l’existence, c’est donner forme, rythme, orientation à une trace, une mémoire et un ensemble de signes. Au cours d’un atelier par exemple, il s’agira de dépasser la césure du temps et de la distance objective pour être impliqué dans ce dont témoigne le document.

Ecrire un poème avec une archive, c’est le reconnaître et être reconnu par lui : un mot ou une image en appelle une autre, l’archive est une chambre d’échos anachronique, elle produit une mémoire cohérente mais en désordre. L’archive est un fragment que l’imagination saisit par associations, souvenirs épars liés entre eux par un geste de montage.

Ecrire un poème avec une archive, c’est devenir le témoin second d’un évènement qui a eu lieu. La valeur du document ne tient pas seulement à la signification de ce dernier, mais au fait qu’il donne une existence concrète au passé. Qu’est-ce qui me parle en lui ? Autrement dit, qu’est-ce qui me fait parler, écrire ? Nous apprendrons ainsi à situer notre voix par rapport à sa voix ou ses voix.  

L’expérience de l’archive est une expérience de la survie : elle fait poème quand elle nous incite à devenir.

L’intérêt d’un tel travail au niveau d’une institution ou d’une entreprise est multiple 1. Faire entrer l’humanisme dans la collectivité et la fédérer comme telle : la question de l’archive n’est pas d’où on vient mais où on va et où on va ensemble. Et cela, à un moment où les entreprises sont confrontées à des défis de taille : la déshumanisation et la dévalorisation du travail ; la discrimination salariale des femmes ; le recours massif aux machines et à l’intelligence artificielle ; les impératifs écologiques et économiques etc. 2. Produire une communauté de travail et de plaisir. L’archive d’une entreprise porte la trace des conflits traversés, des victoires remportées, elle apporte peut-être déjà des réponses aux défis mentionnés qui ne sont pas nouveaux.  Il n’est possible d’y répondre que par le rétablissement d’un esprit communautaire, d’un plaisir communautaire, d’une implication de tous, d’une expérience collective du passé grâce à l’archive et son accès démocratisé. 3. Donner la garantie d’une conscience critique, une crédibilité sociale et économique. Quand on a rétabli des liens autres que hiérarchiques ou économiques au sein d’une entreprise, les chances de relever les défis sont quintuplées. Pour cela, il faut donner la garantie d’une conscience critique. Une entreprise doit savoir se remettre en question, reconnaître les erreurs. Elle doit aussi être à l’écoute de toutes les histoires et non pas de son pseudo-mythe. L’histoire d’une entreprise, ce sont toutes les petites histoires vécues et c’est justement ce que raconte les archives : les détails, les vies, les chiffres. Reste à en faire le montage, et là, c’est une vraie compétence, une technique : une technique pour susciter de la pensée et des rêves à partir des faits concrets. Une entreprise peut-elle vivre sans utopie ?

@mp


Restitution vidéo des ateliers d’écrire au lycée Pothier à Orléans avec les archives départementales du Loiret et municipales d’Orléans, en particulier les archives photographiques qui témoignent du bombardement de la ville en juin 1940. Projet Ciclic, « Aux arts lycéens et apprentis », qui a été soutenu par la Région Centre-Val de Loire, la Drac Centre-Val de Loire, le Rectorat de l’académie d’Orléans-Tours et le lycée Pothier d’Orléans.


Video restituant les ateliers d’écriture avec les élèves du lycée Pothier à Orléans

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